Référence : BW24680
Auteur : Propos recueillis par Florence Masson
Type : Signalé
Thème : Urbanisme, Habitat, Logement
Rubrique : Généralités - documents d'ensemble
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Référence : BW24680

Interview exclusive de Dominique Garcia, président de l’Inrap

28 juin 2017

Quelques jours après la signature de la convention de partenariat entre l’AMF et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), son président, Dominique Garcia, a accordé à nos services un entretien, le 27 juin dernier, pour mieux en comprendre les enjeux tant pour l'institut que pour les communes et intercommunalités. Un nouveau partenariat qui a aussi pour vocation un intérêt commun : la protection et la mise en valeur du patrimoine.

« Nous fouillons, c’est votre histoire » est-il indiqué sur vos lettres d’information. Mais, pouvez-vous nous en dire davantage sur l’histoire et les missions de l’INRAP ?

L’histoire de l’Institut ainsi que ses missions sont intimement liées à l’histoire de l’archéologie en France. Pendant longtemps, on n’a fait que de l’archéologie de « sauvetage ». Les archéologues n'arrivaient sur les opérations d’aménagement qu’au début des chantiers, souvent trop tard ! Depuis 1973, nous sommes entrés dans l’ère de l’archéologie « préventive », avec la réalisation préalable d’un diagnostic. L’INRAP, créé en 2001, remplit cette mission de service public mais a aussi pour objectif de préserver et diffuser la connaissance archéologique acquise au fil du temps.

La loi relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine (CAP) de 2016 a-t-elle fait évoluer les objectifs et travaux de l’INRAP? 

La loi a surtout permis de stabiliser et de renforcer le « système » d’archéologie préventive. Le « qui fait quoi » entre l’Etat et les aménageurs (collectivités ou opérateur privés) a été clarifié. La loi a également amené une simplification des procédures, a renforcé le contrôle scientifique et technique, et permet maintenant aux services archéologiques des collectivités, avec qui nous travaillons d'être habilités et non plus, seulement, agréés. Du diagnostic (environ 2 000 par an) à la valorisation, en passant par les fouilles, l’archéologie bénéficie désormais d’une place primordiale dans la préservation du patrimoine. Il s’agit aujourd’hui de perpétuer ensemble le « cercle vertueux de l’archéologie préventive. »

Autant en termes opérationnel qu’historique et donc culturel, comment travaillez-vous  avec les collectivités ? 

Pendant longtemps, les relations n’étaient, il est vrai, pas aisées. L’archéologue arrivait sur site et cela pouvait être considéré comme un frein à la réalisation de l’opération d’aménagement. Aujourd’hui, nous arrivons le plus en amont possible, dès l’autorisation d’aménager par exemple. Les élus qui en ont fait l’expérience le savent, nous sommes là, à leurs côtés, pour valoriser avec eux les opérations. Les documents (vestiges, pour les archéologues – NDLR) sont conservés, partagés et mis en valeur auprès du grand public (expositions, films, échanges avec les écoles, etc.). Tout ce travail partenarial permet de nouvelles lectures des territoires, en confortant leurs identités.

Quels sont les objectifs du partenariat avec l’AMF, acté par la signature d’une convention le 22 juin dernier ? Quelles actions communes entendez-vous mener? 

Avec cette convention, nous souhaitons développer et « fluidifier » les relations archéologues - collectivités en travaillant avec les adhérents de l’AMF. Il y a un intérêt sociétal et pédagogique à travailler ensemble et… à réaliser l’aménagement des territoires de demain. De ce partenariat, devrait naître, nous l’espérons, un dialogue encore plus ouvert et constructif. A nous de mieux faire connaître nos outils, nos fouilles, l’Histoire. La volonté de nos deux structures est identique : protéger et valoriser notre patrimoine.

(Propos recueillis par Florence Masson)

Sont téléchargeables ci-dessous :
- la convention de partenariat AMF-Inrap
- le communiqué de presse 

 

 

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