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Climat : les maires mobilisés

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Face à l’amplification du rythme et de la puissance des phénomènes météorologiques extrêmes et aux multiples autres effets, déjà visibles, des changements climatiques (sécheresses, canicules, inondations, hausse du niveau de la mer, affaiblissement de la biodiversité, propagation des maladies, etc.), une mobilisation collective à la hauteur des enjeux est indispensable. C’est le message qui était au c½ur du premier débat du 100e Congrès, hier, sur les changements climatiques et catastrophes naturelles.
L’objectif de cette rencontre était d’abord de renforcer la prise de conscience, par une meilleure compréhension des effets du changement climatique. Ainsi Robert Vautard, climatologue, membre du GIEC et directeur de recherche au CNRS, a estimé à propos de la vague de chaleur qui a battu tous les records à l’été 2017 dans le sud de l’Europe, que « sans réchauffement climatique, elle aurait eu de faibles chances de se produire ». Il a précisé que « dans un climat plus chaud de 2 degrés en 2100, elle deviendrait la norme » et que « compte tenu de la trajectoire actuelle de 3 degrés, l’été 2017 pourra même finalement être considéré rétrospectivement comme plutôt frais ».
Le scientifique a également évoqué l’augmentation des pluies les plus intenses, des sécheresses, souligné les impacts d’une absence de neige sur les économies de montagne et bien sûr, rappelé l’intensification des cyclones dans les régions tropicales.
Des élus d’outre-mer et de métropole sont venus témoigner de la nécessité de préparer les populations à ces situations et de la manière dont ils s’engagent pour l’atténuation (diminuer les émissions pour éviter l’ingérable) et l’adaptation (organiser une plus grande résilience des territoires). « Les maires, qui sont au c½ur de l’anticipation, ont besoin de trois éléments pour avancer : l’expression d’une solidarité, une liberté de s’organiser pour restructurer le territoire (en s’inscrivant dans des logiques cohérentes de bassin versant), et des financements », a rappelé André Flajolet, président de la commission environnement et développement durable de l’AMF. Des freins doivent être levés, notamment sur les aspects financiers comme avec les ponctions prévues sur les Agences de l’eau (497 millions d’euros au total, dont 200 millions d’euros pour le redressement des finances publiques) dans le cadre du projet de loi de finances 2018. Ceci, à l’heure où les collectivités doivent prendre en charge, en plus, la coûteuse et complexe nouvelle compétence Gemapi (gestion des milieux aquatiques et protection contre les inondations).
Pour relever les défis posés, une coordination renforcée entre l’Etat et les communes est jugée indispensable. Les maires attendent de l’Etat qu’il assume pleinement ses responsabilités et les accompagne par un discours clair, une vision cohérente et à la hauteur des enjeux. Or il faut bien le dire, le discours de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, en clôture de ce débat, n’a pas rassuré beaucoup les maires.
Les mots « restaurer le contrat de confiance », même prononcés avec conviction, ne suffisent pas quand les actes ne sont pas en accord avec les paroles. « Nous partageons l’ambition de faire des territoires un rempart face aux aléas climatiques et plus largement, aux désordres de la nature, sachant que nous n’avons, pour l’instant, sans doute droit qu’à la bande-annonce de ces phénomènes », a assuré le ministre. Appelant à « ne pas céder à la résignation », il a souligné que les innovations viennent souvent des communes et affirmé « sans les maires, rien n’est possible », estimant même que « leur courage pourra peut-être atténuer l’impact déflagratoire du renoncement des Etats-Unis ».

Fabienne Nedey



Réf. : BW24967
22 novembre 2017