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Emploi : les effets d’entraînement des métropoles restent à démontrer

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Les lois Maptam de janvier 2014 et Notre d’août 2015 ont accru les compétences des métropoles afin que ces dernières aient les moyens d’activer leur croissance, avec, en toile de fond, l’idée que cette dynamique économique bénéficie également à leurs territoires périphériques. Trois ans après, le constat semble plus que mitigé. Dans une étude basée sur les recherches du laboratoire EconomiX de l’université de Nanterre, France Stratégie avance en effet que « globalement, les effets d’entraînement des métropoles sur les territoires qui les entourent sont peu visibles ».


L’étude dresse un état des lieux du dynamisme et du rayonnement régional des douze plus grandes aires urbaines de province ayant acquis leur statut de métropole au 1er janvier 2016, lors de la première vague d’attribution. « Lorsqu’on analyse les dynamiques régionales en distinguant les zones d’emploi des métropoles, celles qui les entourent et les autres zones d’emploi de la région, on n’observe pas d’effets d’entraînement particulièrement sensibles », relève l’étude de France Stratégie. « L’emploi salarié dans les zones d’emploi des douze métropoles considérées a crû de 0,65 % par an entre 2009 et 2014, alors qu’il a stagné dans les autres zones d’emploi régionales, y compris les zones d’emploi contiguës. L’emploi salarié dans les zones d’emploi situées à la périphérie des douze métropoles étudiées n’a pas augmenté davantage que dans le reste du territoire en moyenne », poursuit la note d’analyse.


Mais toutes les métropoles ne sont pas logées à la même enseigne, prévient France Stratégie, « les situations variant fortement d’une métropole à l’autre ». L’étude distingue en effet quatre groupes de villes. Dans le premier, celles qui « partagent leur dynamisme avec les territoires régionaux environnants » : Lyon, Nantes et Aix-Marseille, et « dans une moindre mesure », Bordeaux et Rennes. « La métropole et les territoires proches semblent s’inscrire dans une logique de co-développement », souligne ainsi l’étude.


Autre groupe, les métropoles se développant « dans un relatif isolat ». C’est le cas de Lille, Toulouse et Montpellier, dont les dynamiques d’emploi ne « s’observent pas dans les territoires régionaux environnants ». « Les zones d’emploi de la région Hauts-de-France qui sont contiguës à la zone d’emploi lilloise pâtissent à la fois d’un positionnement sur des secteurs peu dynamiques et d’effets locaux négatifs. Dans la région Occitanie, ce sont principalement les effets locaux qui tirent les zones d’emploi à la périphérie de Toulouse et de Montpellier vers le bas », détaille l’étude.


Troisième groupe, celui des métropoles, présentant une dynamique d’emploi plus faible que celle des territoires régionaux avoisinants : le cas de Grenoble et Strasbourg. Enfin, deux métropoles sont particulièrement à la peine. Il s’agit de celles de Rouen et de Nice, qui pâtissent « d’effets locaux particulièrement négatifs ».


Lorsque les performances des métropoles sont partagées par leur voisinage, il serait tentant de penser que cela résulte d’un effet d’entraînement, avance France Stratégie, mais prévenant aussitôt que « l’étude réalisée ne suffit cependant pas à conclure en ce sens ». « Il est impossible de déterminer si c’est la métropole qui imprime le tempo ou, à l’inverse, si elle est influencée par un contexte régional favorable ou défavorable, ou encore si c’est la combinaison entre les dynamiques régionale et métropolitaine qui l’emporte », écrit France Stratégie, pour qui « la double question de la capacité des métropoles à se développer et à faire rayonner leur dynamisme sur les territoires voisins reste entière ».

 

C.N.
Télécharger l’étude.


Réf. : BW25011
5 décembre 2017