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Commission Santé de l’AMF

Lors de la réunion de la commission Santé, commune, de l’AMF et de France Urbaine, le mercredi 30 mai 2018, une trentaine d’élus étaient présents autour d’André Rossinot (président de la métropole du Grand Nancy - 54), Bernard Vauriac (maire de Saint-Jory-de-Chalais - 24) et d’Isabelle Maincion (maire de la Ville-aux-Clercs - 41), respectivement président, co-président et rapporteur. Deux auditions à l’ordre du jour de la réunion : celle du Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’ordre des médecins et la seconde de Mme Elisabeth Belin, adjointe au maire de Saint-Denis et de Stéphane Jung, coordonnateur, sur le conseils local de santé mentale.

Après une brève introduction, les co-présidents ont présenté le rapport du Conseil national de l’ordre des médecins, publié en 2017, « Construire l’avenir à partir des territoires – la réforme voulue par les médecins » ; un rapport qui fait écho aux problématiques nombreuses des élus en matière de santé et d’accès aux soins.

Après une enquête auprès des médecins d’abord, mais aussi de beaucoup de professionnels de la santé et acteurs institutionnels (dont des élus locaux), le Conseil national de l’ordre des médecins a entendu, via ce rapport, faire des propositions en vue notamment « d’améliorer l’égalité de l’accès aux soins » et de « proposer une offre cohérente adaptée aux besoins réels de santé de chaque territoire ». Dans les principales mesures proposées par le rapport, figurent : le renforcement de la formation des étudiants et le développement de lieux de  stages plus divers ainsi que la nécessité d’une révolution ou tout du moins d’un réel portage politique pour améliorer l’accès aux soins.

Ces trois derniers points sont des constats partagés par les élus, pour beaucoup confrontés à la question de la désertification médicale. Plus précisément sur la question de la formation, le Dr Patrick Bouet a indiqué qu’une réelle réflexion, avec toutes les parties et aussi et surtout l’État qui devrait être au cœur du processus, devait avoir lieu pour faciliter leur pénétration sur le territoire. En particulier, sur la professionnalisation des jeunes médecins, il conviendrait de développer le statut d’ « assistant de territoire », au travers de stages (incorporés au parcours d’étude). Ces stages pourraient notamment être réalisés au sein de maisons de santé. Une manière d’attirer et de convaincre des jeunes de s’installer là où les besoins sont les plus criants.

S’agissant d’une meilleure répartition de l’accès aux soins, le Conseil national de l’ordre des médecins soulève la question des modèles d’installations; une problématique à laquelle les maires, souvent seuls, répondent à hauteur de leur capacité financière, bien que la santé ne relève pas d’une compétence obligatoire pour eux. Le Dr Patrick Bouet relève en effet que « le cabinet unique d’un médecin est appelé à disparaître » et que « les structures qui permettent de regrouper des médecins et autres professions médicales sont plus souples à co-construire ». A la suite de cette présentation du rapport, des échanges avec les élus ont pu avoir lieu notamment sur le fameux « numerus clausus » d’étudiants en médecine en lien avec la question démographique. Bien que ce chiffre a déjà fait l’objet de mesures de la part du ministère de la Santé, il n’en reste pas moins que les départs en retraite de médecin ne seront pas remplacés que très partiellement avant 2025… La situation en terme d’accès aux soins reste complexe dans les territoires. Il est donc important de pouvoir agir sur l’organisation territoriale de l’accès aux soins. Aussi le Dr Patrick Bouet a-t-il appelé de ses vœux que le dialogue entre élus et la profession médicale soit plus prégnant pour que des solutions pérennes sur les territoires puissent être envisagées. Sensible aux propositions comme aux pistes de travail évoquées par le Dr Bouet, la commission santé de l’AMF entend poursuivre les échanges avec le CNOM.

Après cet échange, une présentation du fonctionnement d'un conseil local de santé mentale a été faite par Elisabeth Belin, adjointe au maire de Saint-Denis et Stéphane Jung, coordonnateur. S’il en existe peu ou pas assez sur le territoire; cette présentation a été l’occasion d’en rappeler l’importance, de percevoir également le nécessaire portage politique de cet accompagnement à réaliser sur les territoires qu’ils soient ou non couverts par un contrat local de santé. Ces conseils de santé mentale sont des instances qui peuvent par exemple traiter des problématiques psychosociales avec les bailleurs sociaux. 



Réf. : BW25450
30 mai 2018