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Entretien avec Nathalie Babouhot, présidente de la CdC Mirecourt Dompaire : « Le pacte de gouvernance permet de mieux travailler ensemble »

Nathalie Babouhot, présidente de la CdC Mirecourt Dompaire : « Le pacte de gouvernance permet de mieux travailler ensemble »

 

Maire-adjointe à la Culture de Mirecourt (Vosges), Nathalie Babouhot est la nouvelle présidente de la communauté de communes (CdC) Mirecourt Dompaire (76 communes, 20 315 habitants), élue le 8 juillet 2020. Sur ce vaste territoire de 474 km², issu de la fusion en 2017 de trois communautés, une identité commune n’existe pas. La tâche de fédérer les élus n’est donc pas aisée. Le nouveau pacte de gouvernance qui s’appuie notamment sur une conférence des maires au fonctionnement renouvelé et une concertation organisée autour de cinq secteurs permettent de mieux associer les élus municipaux. Un travail de longue haleine qui commence à porter ses premiers fruits. Entretien.

Quand avez-vous mis en place votre pacte de gouvernance ?

La mise en place d’un pacte de gouvernance faisait partie de mes engagements. Dès la fin juillet, il a pu être adopté à l’unanimité. Dans la foulée, nous avons décidé de lancer une enquête en ligne auprès de l’ensemble des 700 élus municipaux des 76 communes pour recueillir leurs sentiments. Menée en août et septembre, elle a eu un taux de retour de 30%. Les résultats, présentés en conseil communautaire, ont confirmé, sans surprise, une méconnaissance de l’intercommunalité et de ses compétences. L’idée reste encore forte que le centre-bourg capte tout à son profit ! De plus, notre interco, datant de 2017 avec la fusion de trois communautés de communes, n’est pas encore totalement digérée. D’autant que ce vaste territoire de 474 km² n’a pas d’identité commune qui existe sur chacun des trois bassins de vie.

Une évolution de cette conception vous semble-t-elle possible ?

Les élus ont apprécié d’être consultés, exprimant de fortes attentes en matière de mutualisation ou de renforcement du service de secrétariat de mairie, mis en place sous l’ancienne mandature et très apprécié par les communes. Mais il est vrai que certains élus restent encore remontés contre l’intercommunalité et la loi « Notre ». Les initiatives menées autour du pacte de gouvernance permettent de mieux travailler ensemble. Notre discours insiste sur le fait que la CdC constitue un outil au service des communes. Peu à peu nous améliorons les choses mais il est vrai que nous partions de loin ! Nous avons également envoyé à tous les élus un document expliquant en détail les compétences intercommunales.

Quelles sont les grandes lignes de votre pacte ?

Il rappelle tout d’abord l’existence et le rôle des instances réglementaires : conseil communautaire, bureau, commissions. Il contient aussi une redéfinition du rôle de la conférence des maires, l’organisation de la CdC en secteurs avec la tenue d’au moins une réunion par an ou encore l’organisation d’une rencontre annuelle des secrétaires de mairie, notamment pour les informer des délibérations du conseil communautaire. Par ailleurs, le pacte prévoit un suivi de son fonctionnement tout au long du mandat avec des moments pour le faire évoluer si besoin. Il est important d’associer les élus aux travaux d’évaluation. Pour entretenir et faire vivre le pacte, notre vice-président à la communication et à la relation avec les élus – une nouvelle fonction – permet plus de proximité et d’être l’interface pour répondre aux demandes particulières vis-à-vis de la CdC.

Comment le fonctionnement de la conférence des maires a-t-il changé ?

Nous sommes passés d’un délai d’une à deux semaines pour la réunion de la conférence des maires organisée avant le conseil communautaire. C’est important car cela permet de faire un retour aux élus avant la tenue du conseil et de disposer d’un support écrit sur les points abordés. De plus, nous abordons plus de sujets en conférence comme par exemple le projet de prise de compétence AOM (autorité organisatrice de mobilité) ou la révision du Scot. L’objectif est d’associer le plus possible les maires aux décisions stratégiques qui seront prises.

En quoi consiste votre découpage en secteurs ?

Nous avons découpé la CdC en cinq secteurs qui regroupent chacun une quinzaine de communes. Une réunion des élus municipaux doit s’y tenir au moins une fois par an sur un ordre du jour précis. Avec une démarche participative, les premières réunions de secteurs ont permis de rencontrer les élus et de leur présenter les grandes lignes du pacte de gouvernance et les résultats de l’enquête. Les élus ruraux étaient les plus nombreux à avoir fait le déplacement, prouvant ainsi leurs attentes notamment sur les mutualisations. Par exemple, un maire a demandé l’achat d’urnes par un groupement de commandes. Cela permet de donner un coup de main aux élus et de faire aussi de petites économies. Autres sujets abordés : les marquages sur la voirie, les radars pédagogiques, le renforcement du service de secrétariat de mairie (des formations et une brigade mobile sont en cours de mise en place) ... Ces premiers résultats sont encourageants et bénéfiques pour tout le monde.

 

Propos recueillis par Philippe Pottiée-Sperry

 

Intercommunalités
Décentralisation
Relations entre communes et EPCI
Généralités - documents d'ensemble


Réf. : BW40619
5 Mars 2021

Auteur : Philippe Pottiée-Sperry pour l'AMF