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Questions autour des 4 000 conseillers qui formeront les Français au numérique

Apprentissage du traitement de texte, gestion des courriels et de ses données personnelles, maîtrise des réseaux sociaux… Pour familiariser les Français les moins à l’aise avec le numérique, l’État va financer, pour un montant total de 200 millions d’euros (sur les 250 prévus contre l’illectronisme), « la formation et l’activité » de 4 000 conseillers numériques. Leur salaire sera pris en charge à 100 % par l’État à hauteur du smic sur deux ans et à 70 % sur trois ans. 
Et après, qui prendra le relais ? « La question cruciale de la pérennisation de ces contrats à leur terme se pose, dans l'optique de la professionnalisation du secteur », observait, le 13 janvier lors de l’audition du secrétaire d’État à la Transition numérique au Sénat, Patricia Demas (Alpes-Maritimes, LR). « Bien sûr, en a convenu, évasif, Cédric O, cela ne s'arrêtera pas dans deux ou trois ans mais nous faisons en sorte que les conseillers numériques soient déployés sur le terrain et c'est cela l'enjeu prioritaire ». A la question « comment seront-ils recrutés », Cédric O répond que « quelque 350 heures de formation sont prévues et il faut que les conseillers soient rapidement opérationnels. » Ce qui peut-être paradoxal.
Cédric O « appelle (donc) les collectivités à déposer une demande de conseillers sur conseiller-numerique.gouv.fr ». Ces derniers seront accueillis « dans les mairies, dans les bibliothèques, les France Services, les maisons de retraite et Ehpad, dans les centres d’action sociale, les associations de proximité », énumère le gouvernement, à qui Patrick Chaize (Ain, LR) a suggéré de penser aussi à La Poste qui dispose « d’un maillage territorial unique » avec ses 17 000 points de contact. « Ses agents sont en contact régulier avec les publics les plus éloignés du numérique et peuvent détecter les besoins », a abondé en son sens sa collègue Martine Filleul (Nord, PS).
Le secrétaire d’Etat entend déployer dans un premier temps « plusieurs centaines voire mille conseillers numériques sur le terrain à la fin du premier trimestre » 2021. Pour l’heure, une première convention avec l'Allier a été signée pour déployer 30 postes de conseillers. Plusieurs dizaines d’autres ont été réservés à la Seine-Saint-Denis, le 15 janvier. « Fin 2021, plus de 2 500 conseillers numériques seront sur le terrain ».

Très haut débit : du bon et du moins bon

S'agissant du volet infrastructures, l’Avicca, jointe par Maire info, salue la trajectoire vers le 100 % Ftth dans les Rip mais s’inquiète des « retards » des opérateurs en zone Amii (zone d’initiative privée qui représente 3 600 communes). L’échéance était fixée à fin décembre 2020. Les opérateurs SFR et Orange se devaient respectivement de raccorder à la fibre optique jusqu’à l’abonné (Ftth) en zone Amii au moins 92 % de locaux, le complément devant être « raccordable à la demande ». Mais dans son baromètre trimestriel, l’Arcep a révélé, en décembre, « qu’à la fin du troisième trimestre 2020, environ 72 % des locaux des communes sur lesquelles Orange s’est engagé et 82 % de ceux dans les communes sur lesquelles SFR s’est engagé ont été rendus raccordables ». Avant même la publication du prochain baromètre qui sera décisif, le président de l’Avicca, Patrick Chaize, « reste convaincu que les engagements ne sont pas tenus », confie-t-il à Maire info. Et pour le sénateur de l’Ain, qui n’est guère plus confiant pour la tenue des objectifs des opérateurs en zones Amel, les confinements ne pourront justifier ces retards tant le rythme des déploiements de la fibre a été maintenu malgré la crise.
Le sénateur a acquis, en revanche, la certitude que « le 100 % Ftth sera atteint dans l’ensemble des territoires en 2025 dans les zones d’initiative publique (Rip) ». Les 570 millions d’euros supplémentaires, budgétés par le gouvernement dans le cadre du plan de relance, dont 420 millions d'euros ont été alloués le 16 janvier, doivent participer au financement de 3 millions de prises dans les zones rurales. Pour faciliter le déploiement de la fibre, 600 000 euros ont, enfin, été dédiés à la start-up de territoires Base adresse nationale. Celle-ci accompagne les communes dans l'adressage de leur territoire.

Ludovic Galtier

 


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Réf. : BW40536
18 Jan 2021

Auteur : Ludovic Galtier