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834 centres de vaccination, très inégalement répartis

Le gouvernement a décidé d’ouvrir la vaccination à de nouveaux publics. En plus des personnes de plus de 75 ans ne résidant pas en Ehpad, dont la vaccination débutera lundi prochain, il s’agit des personnes (de tout âge) souffrant d’une pathologie « conduisant à un très haut risque de forme grave » (1). 
Toutes ces personnes peuvent désormais s’inscrire dans un des centres de vaccination qui seront ouverts « lundi », a promis le Premier ministre, évoquant hier le chiffre de 700. La liste de ces centres est à présent disponible, avec un numéro de téléphone et, quand c’est possible, un lien pour prise de rendez-vous par internet, sur le site sante.fr

Inflation du nombre de centres

Ce qui réserve finalement quelques surprises : les centres de vaccination sont en fait nettement plus nombreux que prévu : des 700 annoncés par le Premier ministre, on est passé à 834. Pour mémoire, ce sont les cellules territoriales de vaccination pilotées par le préfet et l’ARS qui sont chargées d’identifier, en lien avec les collectivités et les professionnels de santé,  les centres de vaccination et de veiller au maillage territorial. 
Mais ce qui étonne est la répartition très inégale de ces centres de santé d’un département à l’autre. Alors que depuis le début, le gouvernement évoque une répartition la plus harmonieuse possible (« six ou sept par départements »), Maire info a fait le compte : certains départements n’ont que deux ou trois centres, tandis que d’autres en comptent… 25, voire plus de 30, comme le montre la carte que nous avons réalisée. 

Il ne semble pas que cette inégale répartition soit le fruit de considérations démographiques – ce ne sont pas mécaniquement les départements les plus urbains et les plus peuplés qui ont le plus de centres. Parmi les départements les moins bien lotis, on trouve la Haute-Loire, la Lozère, la Meuse et la Sarthe, qui n’ont que deux centres ; l’Ain, l’Allier, l’Aube, l’Aveyron, la Drôme, la Vienne, la Guyane et la Martinique n’en ont que trois. 
A l’autre extrémité de l’éventail, on trouve l’Hérault, le Nord, les Bouches-du-Rhône, la Charente-Maritime et les Alpes-Maritimes, qui comptent entre 20 et 21 centres. Et le recordman toute catégories est la Haute-Garonne, avec 33 centres, répartis dans 25 communes. 
Seulement un peu moins d’un tiers des départements (28 sur 100), est dans la fourchette déterminée à l’origine par le gouvernement, avec entre 5 et 7 centres. Dans certains départements, la répartition pose question : ainsi en Haute-Loire, il y a bien un centre de vaccination dans les deux sous-préfectures (Brioude et Yssingeaux)… mais pas dans la préfecture, Le Puy-en-Velay, pourtant bien plus peuplée. 
Cette liste est-elle encore appelée à évoluer pour corriger certaines disparités ? Cela paraîtrait surprenant, dans la mesure où le chiffre de 834 est déjà très au-dessus de l’objectif fixé par l’État.  
Cette multiplication des centres dans certains départements pourrait apparaître comme une bonne nouvelle, puisqu’elle rapproche les centres de vaccination de la population. Mais, outre qu’elle ne correspond pas à la doctrine et aux instructions du gouvernement, elle va poser des problèmes d’approvisionnement. Comment les services de l’État vont-ils pouvoir approvisionner tous ces centres, dans la mesure où le nombre de doses de vaccins reçues par la France reste encore limité (500 000 doses par semaine) ? Comment va être calculée la répartition en Haute-Garonne, avec ses 33 centres ? 

Pas de priorisation, pour l’instant

Hier, lors d’une réunion entre le ministère et les associations d’élus, la question de la répartition des vaccins a été abordée. On se rappelle en effet que certains élus (et l’association Régions de France) demandent que les vaccins sont « priorisés » vers les départements les plus touchés. Selon nos informations, le ministère n’a pas accédé à cette exigence, du moins pour les vaccins actuellement en cours de distribution : la distribution continuera de se faire sur des bases géographiques. En revanche, le vaccin Moderna, qui va commencer à être distribué la semaine prochaine (50 000 doses la semaine prochaine et 50 000 autres la suivante), sera envoyé en priorité dans les territoires les plus touchés par l'épidémie. 
Autre question que se posent de nombreux maires : est-il possible d’utiliser les fichiers de la commune (CCAS, fichier canicule) pour contacter les personnes qui ont droit à la vaccination ? Le ministère ne voit aucun inconvénient à ce que les communes utilisent ces fichiers, dans la mesure où, naturellement, elles ne les communiquent pas à l’extérieur de la commune. 
Le ministère a enfin indiqué, hier, que des « kits de communication » sur la vaccination étaient en cours d’élaboration, et qu’ils seraient largement diffusés dans les jours à venir. 

Franck Lemarc

(1) Cancers et maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ; patients atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ; patients transplantés d’organes solides ; patients transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ; patients atteints de poly-pathologies chroniques, selon le critère suivant : au moins deux insuffisances d’organes ; patients atteints de certaines maladies rares (voire liste sur le site du ministère de la santé) ; patients atteints de trisomie 21.


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Réf. : BW40533
15 Jan 2021

Auteur : Franck Lemarc