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Alpes-Maritimes : les maires, frappés par un « cataclysme », appellent à l'aide

Frappés par une catastrophe d’une ampleur inouïe, les maires des communes de l’arrière-pays niçois dévastées par la tempête Alex appellent à l’aide. En manque d’eau, de nourriture, de vêtements, de groupes électrogènes, les maires ont un urgent besoin de la solidarité concrète des autres communes du pays. 

« Bombardement »
« C’est un cataclysme ». Le mot qu’utilise ce matin Julia Guichard, directrice de l’association des maires des Alpes-Maritimes, donne à lui seul l’ampleur de la catastrophe. On retrouve les mêmes mots dans la bouche de tous les élus ou témoins des conséquences de la tempête : « Désastre », « désolation », « zone de guerre ». « On a l’impression que le territoire a été bombardé », disait hier, bouleversé, le directeur de cabinet du préfet du département, Rémi Recio.
« Contrairement à d’autres épisodes de ces dernières années », explique ce matin à Maire info Honoré Colomas, ancien maire de Saint-André-de-la-Roche et président de l’association départementale des maires, « qui avaient touché des communes littorales, ce sont ici des petites communes de l’arrière-pays qui ont été frappées, de petits villages qui sont encore plus démunis. Sur les 163 communes du département, plus d’une centaine ont aujourd’hui besoin d’aide. »
C’est un véritable raz-de-marée qui a déferlé sur les vallées de la Vésubie et de la Roya, après que 500 mm de précipitations sont tombés en quelques heures. La topographie de ces zones, très encaissées, fait que la pluie a ruisselé extrêmement rapidement dans les rivières, dont le niveau a monté, samedi, de sept mètres en deux heures. En quelques minutes, les ponts, les routes, des dizaines de maisons ont été emportées, y compris des bâtiments publics comme à Saint-Martin-de-Vésubie où la gendarmerie a été, tout simplement, rasée. 
Les témoins garderont longtemps en mémoire l’image terrible de maisons emportées par les flots avec des habitants paniqués aux fenêtres. Ce matin, le bilan humain est encore très incertain : 21 personnes restent encore recherchées, deux corps seulement ont été retrouvés. Quant au bilan matériel, il est impossible à établir : routes, ponts, ouvrages d’art, réseaux, maisons, bâtiments publics, voitures, camions… tout a été emporté sur le passage des eaux – y compris des maisons qui tenaient depuis le 16e siècle. 
Autre marqueur de l’importance de la catastrophe : Dans les zones touchées, « toutes les stations d’épuration au bord de la Vésubie, sans exception, ont été détruites », raconte ce matin Julia Guichard. Ce qui signifie que les habitants n’ont plus d’eau, ni pour boire ou faire la cuisine, ni pour les sanitaires. Mais, dans bien des communes de surcroît, ils n'ont plus de vêtements propres, plus de papiers, plus de carte de crédit, plus de téléphone… parce que leur maison a disparu avec tout ce qu’elle contenait. 

« Les maires au travail, les pieds dans la boue »
Ce matin, les responsables de l’association départementale affirment au moins que toutes les communes touchées ont pu être jointes, ne serait-ce qu’au téléphone. « Y accéder, c’est un autre problème, explique Honoré Colomas, parce que les routes sont détruites. Les services de l’État et du département font un travail extraordinaire pour essayer de rétablir des routes, voire des pistes, mais certaines communes restent encore très difficilement accessibles. » Certaines routes ont été rouvertes, mais elles sont strictement réservées aux services de secours. Autrement dit, elles ne peuvent être empruntées par les habitants descendus à Nice qui souhaiteraient retourner dans leur commune.  
Honoré Colomas a pu avoir au téléphone quelques-uns des maires touchés. « Ils sont littéralement assommés, raconte-t-il. Mais ils sont au travail, tous, les pieds dans la boue. » Les maires se démènent pour tenter de mettre en place des solutions d’urgence – comme Paul Burro, le maire de Belvédère, qui n’a plus d’électricité dans sa ville et a lancé hier un véritable appel à l’aide pour obtenir « un groupe électrogène de 450 kVA ». À Tende, où tout a été détruit, même le cimetière, l’urgence absolue est de rétablir l’électricité dans l’hôpital. Mais de nombreux établissements, dont des Ehpad, sont aussi privés d’eau et d’électricité. 

Appel aux dons
Dans ce contexte, l’aide et la solidarité s’organisent en urgence. « De nombreuses communes ont mis en place des points de collecte. Il faut de l’eau potable, des denrées alimentaires non périssables, des vêtements, du petit électroménager », détaille Julia Guichard. Le Zénith de Nice (le Palais Nikaia) a été ouvert à cette fin, mais aussi la salle Éco-Vie à Carosse, à l’entrée des vallées, des salles municipales à Mandelieu-la-Napoule et à Cannes. Plusieurs communes ont déjà annoncé qu’elles allaient prendre des arrêtés pour envoyer des dons, que l’association départementale des maires va collecter et répartir. « Nous essayons de donner un peu de solidarité à nos collègues, explique Honoré Colomas, un peu de chaleur. » 
Les dons des communes – comme des particuliers – peuvent être versés sur e compte ouvert par l’association départementale des maires des Alpes-Maritimes, dont les coordonnées figurent ci-dessous.

Franck Lemarc

Coordonnées bancaires collecte dons ADM06 :
FR76 1910 6006 3600 7703 9601 842 
Code BIC (Bank identification code) - code SWIFT AGRIFRPP891

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Réf. : BW40312
5 Oct 2020

Auteur : Maire-Info