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Covid-19 : le point sur l'épidémie et les nouvelles mesures de protection

C’est aujourd’hui la fin officielle de la période de congés d’été, avec la rentrée scolaire et la reprise dans un grand nombre d’entreprises. Cette rentrée est, évidemment, marquée par la situation sanitaire et traversée d’une « phase incontestable de recrudescence de l’épidémie », selon les mots du Premier ministre, Jean Castex. Le point sur la situation sanitaire et les mesures en vigueur. 

Des signes inquiétants
Lors d’un point presse tenu en fin de semaine dernière, Jean Castex a donné les détails de cette « reprise » de l’épidémie, qui ne touche pas seulement la France mais plusieurs pays d’Europe, dont l’Espagne, l’Allemagne et la Belgique notamment. Alors qu’à la fin du confinement, moins de 1000 nouveaux cas de covid-19 étaient identifiés chaque jour en France, « nous sommes aujourd’hui à plus de 3 000 nouveaux cas par jour », a rappelé le Premier ministre, avec des pointes à 6 000. Cette augmentation du nombre de cas identifiés n’est pas due qu’à l’augmentation du nombre de tests : le taux de positivité des tests est passé de 1 % fin mai à 3,7 % aujourd’hui. 
La maladie touche davantage de jeunes qu’au printemps, où de très nombreuses personnes âgées avaient été atteintes, et les formes graves de la maladie sont donc, pour l’instant, moins fréquentes. Néanmoins, a alerté Jean Castex, « le nombre d’hospitalisations commence doucement mais sûrement à augmenter ». « Ce n’est pas une explosion mais une tendance », a-t-il précisé (800 patients hospitalisés la semaine dernière contre 500 fin juillet). 21 départements viennent d’être replacés en « zone de circulation active » du virus.

Masque obligatoire (presque) partout
Dans ce contexte, que « les scientifiques n’avaient pas forcément modélisé ou prévu », le gouvernement se tient prêt et « prévoit toutes hypothèses ». « Des plans de reconfinement globaux ou locaux sont prêts » et « le système hospitalier est prêt aussi », a assuré le chef du gouvernement. Mais pour l’instant – outre la prolongation de l’interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes, sauf dérogation préfectorale – c’est essentiellement le port du masque qui apparaît comme la mesure la plus généralisée. « La règle est simple, a résumé Jean Castex : le port du masque est désormais obligatoire dans tous les espaces fermés où se situent plusieurs personnes, qu'il s'agisse d'un train, d'une salle de réunion, d'un musée ou d'un supermarché. » À l’école, « tous les enseignants de la maternelle au collège » doivent être masqués – tout comme le personnel non enseignants et les élèves, « à partir du collège ». Dans les universités, le masque est obligatoire pour tout le monde. Le gouvernement a, en revanche, écarté l’idée de fournir gratuitement des masques à tous les élèves, arguant que la politique de l’État français en la matière est déjà « l’une des plus généreuses du monde ». 
Dans la plupart des grandes villes, à ce jour, les préfets ont pris des arrêtés imposant le port du masque sur l’ensemble de la commune. 
Dans les transports, le port du masque reste obligatoire pour toutes les personnes de plus de 11 ans. Dans les trains, bus, cars, tramways, métros, il n’y a plus en revanche d’obligation de neutraliser une place sur deux. Il est simplement demandé aux opérateurs, dans le décret mis à jour aujourd’hui, de veiller « dans la mesure du possible » à ce que le moins de voyageurs possible soient assis les uns à côté des autres. 
Le port du masque est également généralisé à partir d’aujourd’hui sur les lieux de travail, à l’exception des bureaux individuels. Une circulaire spécifique sur le protocole à respecter parmi les agents de la fonction publique est attendue, probablement aujourd’hui. Elle devrait notamment signifier la généralisation du port du masque et la fin des ASA (autorisations spéciales d’absence), sauf dérogations spéciales. Comme dans le privé en effet, la liste des pathologies ouvrant droit à une autorisation d’absence pour cause de fragilité devrait être fortement resserrée. Maire info reviendra naturellement sur ce sujet dès que la circulaire sera disponible. 

Établissements recevant du public
Il n’y a plus d’obligation générale, sur tout le territoire, de laisser vacante une place assise sur deux dans les établissements recevant du public de type cinémas, théâtres, salles de conférence, etc. En revanche, cette obligation reste en vigueur dans les départements classés en circulation active du virus, pour les salles d’auditions, de conférence, de spectacle, de cinéma ; les chapiteaux, tentes et structures ; les salles de jeux ; les centres de vacances.
Sur tout le territoire, les discothèques restent fermées, jusqu’à nouvel ordre.
Dans les restaurants et cafés, partout, il reste obligatoire de faire en sorte que chaque client ait une place assise et que chaque tablée soit éloignée d’un mètre des autres, sauf si « une paroi amovible » a été installée entre les tables. Le masque est obligatoire pour le personnel, ainsi que pour les clients « lors de leurs déplacements au sein de l’établissement ». 
Le nouveau décret précise également que le masque est obligatoire dans les marchés couverts. 
En tout état de cause, les préfets restent autorisés, dans les zones de circulation active du virus, à prendre des mesures locales de confinement, d’interdiction de déplacement, de fermeture totale ou partielle des établissements recevant du public, etc. C’est le cas notamment à Marseille, notamment, où le préfet a ordonné la fermeture des bars et restaurants après 23 heures. 

« Approche territoriale »
Cette « approche territoriale », selon l’expression utilisée par Jean Castex, est au cœur de la stratégie du gouvernement : chaque préfet, en concertation avec les maires, « doit pouvoir prendre des dispositions adaptées à la situation locale ». Les préfets doivent également établir des « plans de contrôle », car « il ne suffit d’édicter des interdictions, encore faut-il veiller à leur respect ». 30 000 contrôles ont ainsi été effectués dans les ERP depuis le 17 août. Ils ont donné lieu, a précisé le Premier ministre, à « 1 900 mesures de police » dont « 53 fermetures ». Les forces de l’ordre verbalisent environ 700 personnes par jour pour non-respect du port du masque. 
Au-delà des mesures strictement sanitaires, le gouvernement va aussi devoir faire face à la crise économique provoquée par l’épidémie. Il dévoilera, jeudi prochain, le contenu du plan de relance censé permettre de « massivement investir pour rapidement retrouver le chemin de la croissance ».

Franck Lemarc

Accéder au décret mis à jour le 1er septembre.


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Généralités - documents d'ensemble


Réf. : BW40258
1 Sep 2020

Auteur : Franck Lemarc