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Covid-19 : des scientifiques redoutent une « épidémie dans l'épidémie »

Si les chiffres publiés hier par Santé publique France sont nettement plus bas que ces dernières semaines (3 582 cas supplémentaires seulement en 24 heures, portant le nombre total de contaminations en France à près de 2,8 millions), l’heure n’est à l’optimisme ni du côté du gouvernement ni des autorités sanitaires, qui craignent que se fassent sentir dans ces tous prochains jours les conséquences des fêtes et de la diffusion des variants plus contagieux du virus. 

« Une grande menace »

Après Bagneux et Marseille, c’est à Lille (Nord) et à Cholet (Maine-et-Loire) qu’ont été détectés des cas de convd-19 liés au variant britannique. À Lille, deux cas ont été repérés, dont un chauffeur de poids-lourd revenant d’Angleterre. À Cholet, trois membres d’une même famille ont également été diagnostiqués, dont une personne qui a dû être hospitalisée. 
Si ces chiffres sont encore modestes, il faut toutefois rappeler que la nouvelle souche est apparue en septembre en Grande-Bretagne, et que ses effets catastrophiques ont mis près de quatre mois à se faire sentir. Sa diffusion en France pourrait « complètement changer la donne », a estimé hier, sur BFMTV, le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, qui parle d’une « grande menace » et d’une « épidémie dans l’épidémie ». L’épidémiologiste estime que c’est la diffusion de cette souche du virus sur le territoire français qui va « conditionner notre stratégie sur les trois mois qui viennent », et notamment « combien de semaines on a devant nous pour passer à des mesures extrêmement dures si ce variant était en train d’exploser ». 
Plusieurs scientifiques ont plaidé, hier, pour une décision de reconfinement dur, afin de prévenir tout risque de congestion des services hospitaliers. Si le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a déclaré hier que cette solution n’était pas à l’ordre du jour pour l’instant, le Premier ministre lui-même a reconnu, devant les parlementaires hier, que cette solution n’était « pas à exclure, en dernier recours ». Selon plusieurs sources, le gouvernement étudierait, avant d’envisager un reconfinement, l’éventualité d’étendre le couvre-feu ramené à 18 heures à tout le pays. 


Des élus demandent la « priorisation » des vaccins

Pendant ce temps, la campagne de vaccination continue d’accélérer, avec plus de 45 300 personnes vaccinées hier, ce qui porte à près de 140 000 le nombre de Français vaccinés. Cela ne représente, toutefois, que 0,21 % de la population. D’après les derniers chiffres du ministère de la Santé, l’État dispose à ce jour d’un million de doses de vaccin. Jean Castex a annoncé hier que ce nombre devrait passer à 2,7 millions fin janvier et 5,8 millions fin février. 
Des élus (maires, élus départementaux et parlementaires) du département des Ardennes ont demandé, hier, dans un communiqué, une « priorisation » de la distribution des doses de vaccin en fonction du taux d’incidence dans les départements. Ces élus, parmi lesquels les maires de Sedan et de Charleville-Mézières, estiment anormal que leur département, qui connaît un taux d’incidence de 281, ait reçu la même quantité de vaccins (4 875) que des départements moins touchés comme le Gers (taux d’incidence de 165). Ces élus demandent à l’État de « considérer la situation sanitaire d’un département comme l’un des critères de priorisation retenus dans la répartition des dotations en vaccins. Une telle évolution permettrait de protéger plus rapidement les populations les plus fragiles dans les territoires où elles sont effectivement les plus menacées. » 

La Direction générale de la santé vient de publier un premier bilan des vaccinations par régions. Sur la carte réalisée par Maire info, il apparaît que les régions connaissant un fort taux d'incidence (Paca, Grand est...) ne sont, en effet, pas les plus en avance du point de vue du nombre de vaccins réalisés.

Quoi qu’il en soit, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a estimé hier que quelle que soit l’ampleur des campagnes de vaccination, l’atteinte de l’immunité collective à l’échelle mondiale n’était pas envisageable avant l’année 2022. 

Inscriptions pour la vaccination : c’est déjà possible

La vaccination des personnes de plus de 75 ans ne résidant pas en Ehpad débutera le lundi 18 janvier, voire avant dans certaines métropoles. Il faudra, pour pouvoir se faire vacciner, prendre un rendez-vous dans un centre de vaccination. Le gouvernement a annoncé hier qu’il avait contractualisé avec trois plateformes privées pour le dispositif de prise de rendez-vous, dont la très populaire application Doctolib, leader du secteur. Les deux autres plateformes sont Maiia et Keldoc. 
Doctolib a annoncé hier que son application permettait déjà une prise de rendez-vous pour le 18 janvier dans l’un des « 150 centres de vaccination » qui sont équipés de son logiciel. Keldoc annonce aussi que les inscriptions sont ouvertes pour « certains » centres. Pour Maiia, les inscriptions seront ouvertes à partir de demain. 
Les inscriptions devront normalement être aussi possibles via le site sante.fr et une plateforme téléphonique, dont le numéro n’a pas encore été annoncé.

Mayotte : des tests aussi pour les partants

De nouvelles règles sont entrées en vigueur ce week-end, par décret, sur l’île de Mayotte. C’est, dans ce département, le variant sud-africain qui inquiète, car il serait déjà en train de se diffuser aux Comores, où il serait responsable d’une quinzaine de morts. Le département craint que cette souche soit importée sur l’île à travers l’immigration clandestine venue des Comores. 
Jusqu’au 31 janvier au moins, il ne sera, d’une part, plus possible de se rendre à Mayotte depuis la métropole que pour un « motif impérieux » (familial, de santé ou professionnel). Par ailleurs, tous les voyageurs qui quittent l’île doivent à présent se soumettre à un test PCR pour pouvoir embarquer. Un centre de dépistage a été mis en place à l’aéroport mahorais de Dzaoudzi-Pamandzi. 

Franck Lemarc


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COVID-19
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Réf. : BW40521
12 Jan 2021

Auteur : Franck Lemarc