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Des maires plus combatifs à quatre mois des élections municipales

Dans le cadre de l’Observatoire de la démocratie de proximité, à l’initiative et en partenariat avec l’AMF, a conduit une enquête auprès de l’ensemble des maires de France pour suivre et mieux comprendre leur état d’esprit à quelques semaines du scrutin municipal de mars 2020.

Voici les principaux enseignements :

Les 4 355 maires interrogés par l’enquête CEVIPOF-AMF manifestent un esprit plus combatif que l’an passé. À quelques mois des prochaines échéances électorales, 60 % des maires (contre 45 % en 2018) considèrent que la situation de leur commune s’est améliorée au cours des cinq dernières années.
Toujours à propos de bilan, une forte majorité d’entre eux (90 %) jugent que leur commune est en bonne santé financière (contre 80% l’an passé). Mais ce bilan tranche avec la représentation des Français de la situation financière de leur commune (en moyenne 2,5 fois plus pessimistes que leur maire).
La traduction de cet esprit combatif est à lire dans l’évolution sensible du pourcentage de maires prêts à se représenter en mars 2020. En 2018, bien qu’il ne leur était pas proposé de répondre « je n’ai pas encore pris ma décision », ils étaient 50 % à vouloir jeter l’éponge. En 2019, avec ce changement dans l’enquête, ils sont 48 % certains d’être candidats à leur propre succession, 23 % encore indécis et 28 % à déclarer vouloir abandonner. Si les choses devaient en rester ainsi, le scrutin 2020 ressemblerait à celui de 2014 en termes de renouvellement.
Le taux d’abandon varie presque du simple au double entre les communes de moins de 3 500 habitants et celles de plus de 30 000 habitants. L’effet « taille » des communes continue à jouer sans pour autant opposer les « maires ruraux décrocheurs » aux « maires urbains résilients ».
En réalité, il existe un seuil autour des communes de moins 3 500 habitants : les maires appartenant à cette strate sont partagés entre ne pas se représenter (30 %), se représenter (46 %) et décider plus tard (24 %).
Les résultats confirment que la conciliation entre vie personnelle et professionnelle et la fonction de maire arrive en tête des motifs de non candidature en 2020. Pour 55 % des maires des communes de 5 à 10 000 habitants, le mandat de maire exerce même une influence négative sur leur vie personnelle.
La question des intercommunalités continue de susciter quelques controverses autour de la taille XXL de certains regroupements (25 % de maires considèrent que leur intercommunalité fonctionne mal). Malgré tout, la majorité des maires (54 %) ne souhaitent pas s’engager dans un processus de révision à la baisse ou à la hausse du nombre de communes au sein de leurs intercommunalités.
Enfin, 70 % des maires interrogés déclarent exercer une fonction et non un métier. En rapportant le nombre d’heures de travail déclarées de manière hebdomadaire et le montant maximal d’indemnités perçues, l’enquête rappelle combien la fonction de maire est plus proche du bénévolat que d’une profession généreusement rémunérée.

Documents de l'AMF :


AMF
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Réf. : BW39698
14 Nov 2019