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En 2021, le retour du tourisme sera plus local et plus vert

« Quand ça va repartir, ça va repartir fort », prédit Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme.
« Il y a une appétence, un besoin, presque une envie vitale pour ceux qui partaient les années précédentes de repartir. Il y a une grande frustration et plus la frustration monte et plus les départs seront importants », selon lui.
« Les gens ont des fourmis dans les jambes », confirme le secrétaire d’État chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne qui reconnaît cependant que « les variants et le virus représentent une incertitude permanente ».
L’idée d’un « pass sanitaire » ou d’un « passeport vaccinal » reste en effet embryonnaire, sans compter que les politiques vaccinales varient d’un pays à un autre, que les variants redistribuent régulièrement les cartes et que les frontières s’ouvrent et se ferment au gré des politique sanitaires.
Selon une étude du cabinet McKinsey, à l’échelle mondiale, l’industrie du tourisme devrait retrouver son niveau d’avant-crise en 2024 seulement, mais le tourisme domestique pourrait revenir à son niveau d’avant la crise en 2022 (2023 pour la France).
« Le tourisme en France devrait être constitué de 68 % de voyageurs domestiques en 2021 (contre 58 % en 2019) et 88 % de touristes loisirs (contre 81 % en 2019). Quant au tourisme international, il sera d’abord tiré par les voyageurs transfrontaliers », selon Aurélia Bettati, directrice associée chez McKinsey.
« Les solutions vont dépendre du pays ou vous vivez et de la quantité d’argent que vous pouvez dépenser », mais aussi « du risque que vous êtes prêt à prendre » face au covid, selon la prospectiviste Cécile Poignant.
Les classes moyennes qui ont pu économiser devraient « monter en gamme », ce que certains hôtels de luxe ont déjà anticipé en proposant des formules avec repas étoilé en chambre, ou un équipement digne d’un cinéma.

« Conscience éco-responsable »

Les destinations habituellement bondées et qui par conséquent peuvent être un risque en temps de pandémie, comme Venise, Barcelone ou Santorin, devraient retrouver un flux de visiteurs plus modéré.
Mais la crainte du virus n’explique pas tout. « Les périodes de confinement et de couvre-feu ont généré un besoin de couper avec la ville et de se ressourcer », selon Aurélia Bettati. « Il y aura ainsi probablement moins de courts séjours en ville et de plus en plus de voyages à destination de la campagne, associés à un effet ‘’bol d’air’’ », selon elle.
L’été l’a prouvé, les bords de mer, la montagne, les lieux aérés seront prisés avec une volonté de liberté. Sans oublier la conscience éco-responsable. Une musique de fond « qui existait déjà », selon le président des Entreprises du voyage, Jean-Pierre Mas, mais qui sera « de plus en plus audible et modifiera certains comportements avec des voyages moins fréquents et moins de ‘’voyages kleenex’’ de deux ou trois jours ». « On aura aussi envie de passer quinze jours de vacances dans un club avec des moniteurs qui s’occupent des enfants », tempère-t-il.
« Les gens ont besoin de faire la fête, de se lâcher, de se retrouver », selon Didier Arino pour qui il y aura « le voyage revanche » où on oubliera les émissions de CO2 en prenant l’avion.
« On n’est pas à la fin de la consommation » massive, confirme Cécile Poignant, « mais cela va être redistribué ». Pour la prospectiviste, « ce que fait cette pandémie, c’est bousculer les choses qu’on prenait pour acquises et de se repositionner, se reposer la question de ‘’qu’est-ce que c’est que vivre bien ?’’. Et cela peut prendre autant de forme qu’il y a de gens. C’est à chacun de se réinventer et proposer autre chose », conclut-elle. (Katell Prigent, AFP)


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Réf. : BW40635
11 Mars 2021

Auteur : Maire-Info