Espace Associations départementales de maires


Inondations : la mise en cause des maires par la ministre de la Transition écologique dans une crue historique qui touche l’essentiel du pays traduit une méconnaissance profonde de la réalité

Alors que la quasi-totalité de la France hexagonale est concernée par les crues et inondations qui résultent de précipitations intenses, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut met en cause la responsabilité des maires, méconnaissant ainsi la réalité de la situation sur le terrain.

Cette mise en cause est d’autant plus déloyale que les maires sont actuellement en première ligne avec les forces de secours et les associations agréées de sécurité civile, pour gérer les conséquences de ces catastrophes pour les habitants  de leurs communes.

La ministre n’ayant pas estimé nécessaire de consulter les maires et présidents d’intercommunalité de France sur ces enjeux qui relèvent de sa responsabilité, plusieurs rappels fondamentaux s’imposent.

  • L’Etat a transféré en 2024 par une décision unilatérale la gestion des digues domaniales aux intercommunalités, parfois sans concertation, et contre l’avis des collectivités ;
  • Avant de leur imposer cette charge nouvelle, l’Etat n’a fait aucune évaluation de l’état des digues et du coût de leur remise à niveau et de leur entretien, ce que demandaient pourtant les élus ;
  • Il n’a été prévu aucune compensation suffisante et pérenne par l’Etat de cette charge supplémentaire sur les communes et les intercommunalités, contrairement au principe fondamental de la décentralisation. Plus grave encore, alors que le coût réel de la rénovation du parc des digues d’ici 2035 atteindrait en réalité 14 milliards d’euros, les ressources des communes et intercommunalités continuent de faire régulièrement l’objet de ponctions de la part de l’Etat ;
  • Enfin, la ministre reproche aux collectivités de n’avoir pas augmenté les impôts, alors que la France détient déjà le record des impôts et des charges et que le gouvernement se targue de n’avoir pas augmenté les impôts des particuliers. La taxe GEMAPI, même augmentée à son maximum, serait très loin de couvrir le financement des besoins d’aménagement des digues et de lutte contre les inondations.

L’AMF appelle la ministre à prendre en compte la réalité des faits avant de lancer des accusations contre ceux qui apportent des solutions sur le terrain. Elle l’invite au contraire à rouvrir un dialogue avec eux afin de repenser réellement le dispositif de la gestion des inondations, dans une logique de solidarité nationale où l’Etat doit prendre toutes ses responsabilités.

 

 

Pour aller plus loin
Référence : BW43029
Date : 18 Fév 2026
Auteur : AMF


Partager :

La reproduction partielle ou totale, par toute personne physique ou morale et sur tout support, des documents et informations mis en ligne sur ce site sans autorisation préalable de l'AMF et mention de leur origine, leur date et leur(s) auteur(s) est strictement interdite et sera susceptible de faire l'objet de poursuites.