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Les bureaux de vote vont-ils vraiment manquer d’assesseurs?

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Les quelque 67 000 bureaux de vote vont-ils manquer d’assesseurs dimanche prochain pour le second tour de l’élection présidentielle ? Ces assesseurs, au moins deux par bureau de vote, sont traditionnellement désignés par les candidats en présence parmi les électeurs du département. Cette fois-ci, l’absence inédite des deux grands partis de gouvernement au second tour de la présidentielle fait craindre depuis quelques jours un nombre d’assesseurs insuffisant pour constituer l’ensemble des bureaux de vote, tous composés selon l’article R 42 du Code électoral « d’un président, d’au moins deux assesseurs et d’un secrétaire choisi par eux parmi les électeurs de la commune (lire Maire info du 18 avril). En effet, contrairement au PS et aux Républicains, les deux partis restés en lice pour le second tour, En Marche ! et le Front national, ne disposeraient pas de suffisamment de militants dans certains départements. « Les deux partis présentés cette année sont l’un - En Marche! - sans véritable assise locale, et l’autre - le Front national - composé de militants qui rechignent parfois à se faire connaître », a déclaré hier à Public Sénat André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF.
Faute d’assesseurs volontaires, l’article R 44 du Code électoral prévoit la possibilité pour le maire de désigner des assesseurs « parmi les conseillers municipaux, dans l’ordre du tableau ». De même, le maire peut désigner d’office un conseiller municipal pour présider un bureau de vote, ce dernier ne pouvant refuser sauf « excuse valable », comme une raison de santé.
Mais certains maires auront peut-être un peu plus de mal que d’autres à tenir les objectifs.
Dans les grandes villes, « il y a plusieurs bureaux de vote, qui nécessitent en tout plusieurs dizaines voire centaines d’assesseurs. Il y a une brigade le matin, et une l’après-midi. Quand il faut plusieurs centaines d’assesseurs ça en fait beaucoup plus que de conseillers municipaux », explique ainsi André Laignel à Public Sénat. Le maire, responsable de la constitution des bureaux de vote, selon la loi, doit alors chercher parmi les électeurs de sa commune, ce qui est à l’évidence plus difficile dans les grandes villes que dans les petites, où « on peut aller les démarcher directement », ajoute André Laignel.
« Je pense que les maires sont suffisamment astucieux, dynamiques et prévoyants pour être capables d’apporter des solutions dans chacune des communes de France », estime par ailleurs le maire d’Issoudun qui déclare avoir trouvé les 26 assesseurs qui lui manquaient.
En fait, les communes ont multiplié les initiatives pour trouver les assesseurs manquants parmi leurs habitants et plusieurs ont déjà trouvé un nombre suffisant de candidats pour assurer le bon fonctionnement dimanche des bureaux de vote. Après son appel, lancé fin mars, Villeurbanne a ainsi reçu 58 candidatures de Villeurbannais(es) acceptant d’être assesseurs dans l’un des 79 bureaux de vote de la ville le 7 mai prochain. Pas d’inquiétude non plus à Toulouse « où toutes les équipes des bureaux de vote sont bouclées, y compris pour les législatives de juin ». Des équipes composées « à 40 % d’employés municipaux et à 60 % d’habitués désignés par le maire », selon la ville. A Besançon, la campagne de publicité très originale lancée mi-mars par la ville pour recruter des assesseurs a aussi porté ses fruits. La campagne a même été un vrai succès, la capitale franc-comtoise ayant trouvé sans problème les 201assesseurs nécessaires pour tenir ses 67 bureaux de vote.
A l’inverse, de nombreuses communes sont toujours à la recherche de bénévoles.

C.N.
Elections 2017
Généralités - documents d'ensemble


Réf. : BW24533
3 Mai 2017

Auteur : C.N.