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Mille communes de plus sont dirigées par une femme depuis les dernières élections municipales

Maintenant que le nouveau répertoire national des élus (RNE) a été mis à jour, le 3 septembre, sur le site data.gouv.fr, les premières analyses fines du « cru » 2020 des élus municipaux peuvent être menées. C’est la DGCL qui a commencé ce travail, en publiant, hier, un premier bilan de la place des femmes dans les conseils municipaux. Cette étude montre un petit progrès en matière de parité, puisque la part de femmes élues dans les conseils municipaux a augmenté de plus de deux points, et que « 1000 communes de plus sont dirigées par une femme ». 

Chemin parcouru
Depuis que la loi a imposé la parité sur les listes aux élections municipales dans les communes de plus de 1000 habitants, aux élections de 2014, le nombre de femmes élues croît continûment : il est aujourd’hui d’un peu plus de 216 000 contre plus de 294 000 hommes, soit 42,2 %. Ce chiffre était de 39,9 % lors de la précédente mandature. 
C’est en regardant les séries statistiques longues que l’on mesure réellement le chemin parcouru : un graphique publié dans le document de la DGCL rappelle qu’en 1960, la proportion de femmes élues tournait autour de… 3 % ! La barre des 20 % a été péniblement franchie dans les années 1990, avant le bond provoqué par la loi imposant la parité aux élections de 2014. 
On notera néanmoins que même dans les communes de plus de 1000 habitants, il reste quand même moins de femmes élues que d’hommes (48,5 % contre 51,5 %), les têtes de liste étant plus souvent des hommes que des femmes. 
Dans les communes de moins de 1000 habitants, la situation reste très inégalitaire : il n’y a que 37,6 % de femmes élues. Seul motif de consolation : ce chiffre est en augmentation de 3,2 points par rapport à 2014. C’est ce qui, rappelons-le, conduit l’AMF, parmi d’autres, à demander que l’obligation de parité soit étendue à l’ensemble des communes, quelle que soit leur taille. 

Davantage de femmes maires
1000 communes de plus sont dirigées par une femme depuis les dernières élections. Plus précisément, 1 900 communes dirigées auparavant par une femme le sont maintenant par un homme, mais 2 900 communes dont le maire était un homme ont cette fois élu une femme maire – soit un différentiel de 1000. 
Le nombre de femmes maires reste, cela dit, extrêmement faible : seules 19,8 % des communes sont dirigées par une femme (6 858 sur 34 597). Il a toutefois augmenté de 2,8 points depuis le mandat précédent. 
Il convient toujours de rappeler que, contrairement aux idées reçues, il y a davantage de femmes maires dans les petites communes que dans les grandes – même si les chiffres restent toujours faibles. Dans les communes de 10 000 à 50 000 habitants, par exemple, il n’y a que 17 % de femmes maires (soit presque trois points de moins qu’à l’échelle nationale), alors que dans les communes de 1 à 100 habitants, il y en a 22,5 % (presque trois points de plus). Seule exception, depuis les dernières élections : les très grandes villes (plus de 100 000 habitants). Dans ces dernières, la proportion de femmes maires a bondi, passant de 16,7 % à 28,6 % (+ 12 points). Mais cette progression est à relativiser, en raison du petit nombre de communes concernées : ces 12 points de plus ne correspondent qu’à … cinq communes, les grandes villes qui ont été conquises par des femmes en juin dernier (Marseille, Strasbourg, Besançon, Poitiers, Saint-Denis de la Réunion). 
Le constat est le même lorsque l’on observe les communes non plus selon le nombre d’habitants mais selon le type de territoire (en fonction des critères de l’Insee) : 20,3 % des communes rurales ont élu une maire femme, contre 18 % seulement des communes urbaines.

Disparités géographiques
Des disparités notables sont toujours constatées entre les départements en matière de parité : certains sont meilleurs élèves que d’autres ou – pour être plus précis – moins mauvais élèves. Ce sont les régions de l’ouest du pays, en particulier la façade atlantique (Bretagne et Aquitaine) qui comptent, en moyenne, plus de 40 % de femmes dans les conseils municipaux. Un grand quart nord-est du pays, ainsi que la Corse et les départements alpins, sont en revanche en-dessous de 36 %. 
Quant à la proportion de femmes maires, c’est en Corse, sur la façade méditerranéenne, en Alsace et en Lorraine qu’elle est la plus faible. 
Il est à noter que si la tendance générale est à l’augmentation du nombre de femmes élues et de femmes maires, cette tendance n’est pas absolue : « Certains départements enregistrent de fortes baisses », note la DGCL, dont la Seine-Saint-Denis, qui passe de 20,5 % à 12,5 % de femmes maires. En métropole, c’est en Corse-du-Sud que la situation est la plus défavorable, avec 12,1 % de femmes maires. Outre-mer, la Martinique n’en compte que 10,3 %. D’un point de vue régional, seules la Corse et la Guadeloupe voient le nombre de femmes maires régresser. La Réunion, en revanche, a vu ses résultats progresser de manière importante, passant de 4,2 % de femmes maires à 16,7 % – du fait de l’élection de femmes dans les communes de Saint-Denis, Saint-Louis, Saint-Paul et La Possession.
Maire info va, comme lors du précédent mandat, poursuivre l’analyse du répertoire national des élus afin de fournir à ses lecteurs, dans les jours à venir, une nouvelle carte d’identité des maires et des élus issus du scrutin de 2020.

Franck Lemarc

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Réf. : BW40272
8 Sep 2020

Auteur : Maire-Info