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Participation de l'AMF à la rencontre nationale sur la coopération Leader + à destination des responsables des Groupes d'Action Locale

Si la coopération devient aujourd’hui une dimension essentielle des stratégies de développement des territoires Leader +, elle demeure néanmoins un investissement humain et financier non négligeable pour les Groupes d'Action Locale. Des crédits européens importants, de l’ordre de 40 millions d’euros, sont disponibles pour la coopération Leader + en France. Pourtant, un grand nombre de territoires ruraux Leader+ semble encore hésiter à se lancer dans une telle démarche.

L’objectif de cette rencontre nationale était double :
- affirmer une volonté politique forte en faveur de la coopération entre territoires ruraux Leader +,
- se mobiliser autour de l'outil Leader + pour initier des démarches de coopération.

Les coopérations inter-territoriales et transnationales entre territoires ruraux ont fait l’objet de deux tables rondes distinctes à partir desquelles les participants et intervenants ont essayé de répondre à plusieurs problématiques :
- les enjeux de la coopération : enjeux d’ouverture et de solidarité, de développement et de cohésion territoriale et d’apprentissage,
- les réponses existantes : la coopération décentralisée et transfrontalière, notamment
- la valeur ajoutée de Leader+ et son articulation avec les autres dispositifs existants.

 
Que recouvre la coopération Leader +?
D’après un représentant de la Direction Générale de l’Agriculture à la Commission, le Livre blanc sur la gouvernance européenne a insisté sur la nécessité de mieux soutenir la coopération nationale entre les acteurs régionaux et locaux, et dans ce cadre, la coopération transnationale est aussi un modèle de gouvernance européenne. Pour permettre aux zones rurales d’agir dans l’espace européen et ainsi éviter d’être isolées, elles doivent s’appuyer sur les réseaux d’associations qui constituent de véritables carrefours ruraux. La coopération favorise la stratégie locale de développement local.

Les programmes Leader 1 et 2 ont posé des difficultés aux partenaires transnationaux pour se mettre d’accord sur la définition de projets en commun en raison, notamment, des diversités linguistique et culturelle. Mais, fort des expériences des précédentes générations du programme, la Commission européenne a souhaité faire de la mise en réseau des acteurs l’un des axes forts de Leader +.


Pourquoi coopérer au niveau transnational
? Pour répondre à cette interrogation, trois thèmes de motivation peuvent être avancés :
- la nécessité de valoriser des similitudes (caractéristiques géographiques communes, territoires caractérisés par des productions spécifiques, contexte historique…)
- valoriser des complémentarités (associer des territoires disposant d’une certaine maîtrise de savoir-faire)
- rechercher des masses critiques : atteindre une masse critique est sans doute ce que les groupes d’action locale recherchent le plus fréquemment à travers la coopération transnationale. Les territoires ruraux ne disposent souvent en effet que d’un stock limité de ressources qui ne leur permet pas de résoudre seuls certains problèmes ou de valoriser certaines potentialités d’une façon optimale. Par contre, en unissant leurs forces, ces territoires peuvent dépasser ces limitations et atteindre des résultats inaccessibles autrement. Cette question de masse critique peut être abordée selon plusieurs angles : par exemple, des économies d’échelle importantes peuvent être réalisées en matière de commercialisation lorsque plusieurs territoires se regroupent pour proposer une offre conjointe de produits.


La méthode Leader est pleine d’avenir : elle est en train d’être développée au delà des frontières européennes (ainsi, au Maghreb), elle a une fonction de « laboratoire » permettant de faire émerger et de développer de nouvelles approches. Or, au delà d’un échange de bonnes expériences, il convient d’établir des guides de bonnes pratiques et former dans ce cadre les professionnels. 300 projets sont en attente d’accord de la part des autorités de soutien financier. Il convient aussi de rappeler qu’à la fin de l’année 2003, les conditions de sélection du partenaire ont été assouplies. Enfin, la méthode Leader peut trouver de nouveaux terrains d’expérimentation dans les 10 nouveaux Etats membres de l’Union européenne, lesquels n’ont aucune expérience de Leader +, sauf la Hongrie.

Quant à l’état d’avancement de la coopération transnationale Leader+, une proposition de règlement sur la politique de développement rural sera adoptée le 14 juillet prochain. Elle visera entre autres à intégrer la méthode de coopération Leader +. Cette proposition s’intègre dans le prolongement de la conclusion du séminaire de Salzburg. 
Un panorama des thématiques autour desquelles s’articulent les projets de coopération peut être brièvement dressé : protection de l’environnement, commercialisation de produits locaux, utilisation des nouvelles technologies, gestion durable des forêts, manifestations culturelles…
On peut souhaiter que l’Observatoire européen des territoires ruraux fournira un appui à la coordination des appels d’offres ainsi qu’aux séminaires thématiques ouverts aux GAL pour favoriser des projets de coopération.

Juliette Soulabaille, Maire de Corps-Nuds et représentante de l’AMF et de la CNCD
, est intervenue plus particulièrement sur la thématique de la coopération décentralisée.
A ce titre, elle a insisté sur le devoir des élus, dans un souci d’ouverture à l’international, de connaître d’autres pays et expériences. A titre d’exemples ont été évoqués les coopérations avec le Pérou, Madagascar, le Cameroun et la Roumanie.
Fervente militante de l’engagement des petites communes « à faire de la coopération à leur niveau », Mme Soulabaille est convaincue du fait que la coopération décentralisée est un outil de cohésion sociale, un levier fédérateur qui touche toutes les couches sociales. C’est pourquoi il convient de faire participer la population à ce type de coopération. C’est là que réside l’intérêt des pays du Nord et du Sud.
Mme Soulabaille a rappelé qu’il ne restait plus que deux ans pour faire cet apprentissage et permettre ainsi l’ouverture des territoires. La CNCD se fera le relais de la mise en ½uvre des projets de coopération, notamment en mettant en ligne les documents correspondants.
Enfin, Mme Soulabaille a annoncé la publication prochaine d’un vademecum sur la coopération et le développement rural.

Politique de cohésion
Milieu rural


Réf. : BW7243
7 Juin 2004