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Un tiers des actifs ne travaillent pas dans l'EPCI où ils habitent

L'Insee se penche, dans une étude publiée hier, sur les déplacements domicile-travail à l'intérieur des EPCI et entre eux. Il apparaît que de plus en plus de travailleurs (100 000 supplémentaires chaque année) travaillent dans une autre intercommunalité que celle où ils résident. Sans surprise, cette étude met en lumière le fait que peu à peu (les données couvrent la période 2006-2016), l'emploi se concentre au profit des métropoles, et en particulier de neuf d'entre elles : Paris, Toulouse, Lyon, Nantes, Bordeaux, Montpellier, Marseille, Rennes et Lille. Les deux seules métropoles où l'emploi ne progresse pas sont celles de Metz et de Saint-Étienne. Parallèlement, l'emploi diminue lentement dans les EPCI les moins peuplés. Les chiffres publiés par l'Insee sont sans ambiguïté : l'évolution de l'emploi entre 2006 et 2016 n'a été positive que dans les 20 EPCI les plus peuplés du pays; l'évolution ayant été la plus dynamique dans les métropoles de Montpellier, Toulouse et Nantes, avec une variation annuelle supérieure à 1 %.
L'Insee note que le dynamisme de l'emploi sur les neuf métropoles citées « irrigue » les EPCI voisins : « Les intercommunalités localisées à moins de 80 kilomètres de ces métropoles enregistrent en moyenne une croissance d’emploi supérieure à la moyenne nationale. » Cette augmentation de l'emploi dans les secteurs péri-urbains autour des métropoles touche essentiellement le secteur de l'emploi dit « présentiel » – c'est-à-dire, pour fait court, les emplois de service. En effet, autour des métropoles, « la population s’accroît sous l’effet de la péri-urbanisation. La croissance démographique s’accompagne d’une augmentation des emplois de services à la population. »

« Navetteurs » en hausse
En 2016, constate l'Insee, environ un tiers des actifs (soit 9 millions de personnes) travaillent en dehors de leur EPCI de résidence. Parmi eux, 412 000 sont des travailleurs frontaliers. Ces salariés, appelés « navetteurs » dans la terminologie de l'Insee, travaillent dans la majorité des cas dans un EPCI directement contigu à celui où ils résident. 45 % d'entre eux font un trajet quotidien compris en 20 et 40 km (aller). 
Le nombre de navetteurs a augmenté chaque année, entre 2006 et 2016, de 102 000 en moyenne. La progression de ce chiffre est plus importante dans les communautés de communes, « notamment dans celles situées sur la façade atlantique, le long du couloir rhodanien, de la frontière suisse, dans la région toulousaine et sur le littoral occidental méditerranéen ». Dans ces secteurs, la hausse du nombre de navetteurs est supérieure à 2 % par an.

161 EPCI « attractifs »
Le taux de sortie, qui désigne « le rapport entre le nombre de navetteurs sortants d'un EPCI et le nombre d'actifs occupés » est supérieur ou égal à 50 % dans la moitié des EPCI du pays.
Seuls 161 EPCI sur 1254, détaille enfin l'Insee, « offrent un nombre d'emploi supérieur de 10 % à leur nombre d'actifs occupés résidents », ce qui les rend attractifs pour leur voisinage. Dans cette catégorie, on trouve l'ensemble des métropoles sauf Aix-Marseille, Nice et Toulon, 10 communautés urbaines sur 13 et « un tiers des 222 communautés d'agglomération ». À l'inverse, presque la moitié des EPCI (579) offrent un nombre d'emploi inférieur d'au moins 10 % au nombre d'actifs occupés. Dans ces territoires, plus de deux actifs sur trois vont travailler à l'extérieur de l'EPCI. 

F.L.

Télécharger l'étude de l'Insee. 

 


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Généralités - documents d'ensemble


Réf. : BW39583
6 Sep 2019

Auteur : F.L.