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Vaccination : le gouvernement défend sa stratégie, les maires réclament de la « cohérence » et des « clarifications »

Invité sur France 5 hier, le Premier ministre s’est vivement défendu contre les critiques formulées par certains élus en matière d’approvisionnement des centres de vaccination. Depuis ce week-end, de nombreux maires déplorent le trop faible nombre de doses reçues (lire Maire info d’hier). Le maire de Cannes, David Lisnard, a par exemple écrit au ministre de la Santé pour regretter que les communes soient « forcées de décélérer la prise de rendez-vous, voire contraintes de fermer leurs centres, faute d'assurance sur la disponibilité pérenne et la livraison des doses de vaccin ». La maire de Lille, Martine Aubry, a elle aussi très vivement attaqué le gouvernement, sur France Bleu Nord, hier : « Que le gouvernement dise la vérité ! Qu'on ne recommence pas la même histoire qu'avec les masques ou les tests ! Ma conviction, c'est qu'on est vraiment en pénurie de vaccins. »
Jean Castex a réagi hier en déclarant qu’il n’y avait pas « de stocks cachés de vaccins », précisant que la France a reçu à ce jour 1,6 million de doses, dont 480 000 ont été administrées à la date d’hier. Le gouvernement va maintenant « passer la surmultipliée », a indiqué le Premier ministre. « À chaque fois que des doses arrivent, on les met immédiatement à disposition », a complété le ministre de la Santé, en visite à Grenoble, « nous sommes à flux tendu. » 
Il faut rappeler que 833 centres ont été ouverts hier. Si les quelque 500 000 doses de vaccins Pfizer qui doivent être livrées chaque semaine étaient réparties également entre chacun, cela représenterait environ 600 doses par semaine et par centre, soit autour de 100 doses par jour du lundi au samedi. Mais on sait que la répartition ne se fait pas de façon égalitaire, puisqu’elle est logiquement calculée au regard de la population de plus de 75 ans présente sur le territoire. 
On en saura plus sur la répartition en fin de semaine, puisque le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est engagé hier à ce que soit publié avant la fin de la semaine, sur sante.fr, « en toute transparence, le nombre précis de doses dont chaque centre de vaccination dispose chaque semaine ». 
Reste que ce matin, à l’occasion d’une réunion du comité directeur de l’AMF, de nombreux élus ont dénoncé « le manque de visibilité » sur le nombre de vaccins dont leurs centres disposeront dans les semaines à venir. Frédéric Chéreau, maire de Douai et président de la commission Santé de l’AMF, a demandé qu’il soit enfin clairement établi « qui fait quoi entre maires, préfets et ARS », rappelant que même la carte des centres de vaccination n’est pas définitive à ce jour, puisque les ARS vont demander la fermeture de certains centres et l’ouverture d’autres, dans certains territoires sous-dotés. D’autres élus ont posé la question des frais pris en charge par les communes qui ont ouvert des centres de vaccination, et de leur remboursement par l'État. Des maires se sont inquiétés des « frustrations et des incompréhensions » que suscite dans la population « le décalage entre la sur-communication du gouvernement et les moyens réels sur le terrain », ainsi que du « manque de cohérence des injonctions » d’un département à l’autre. André Laignel, premier vice-président délégué de l'AMF, a également dénoncé les « injonctions contradictoires et les paradoxes du gouvernement, la désorganisation dont les conséquences retombent sur les communes. La question des vaccins est centrale : il nous faut d'urgence des informations précises, des clarifications. »

Fin des masques artisanaux

Dans un avis qui n’a pas encore été publié mais dont les conclusions ont été dévoilées hier dans la presse, le Haut conseil de la santé publique demande d’éviter que soient désormais utilisés les masques en tissu fabriqués « à la maison », moins efficaces que les masques aux normes Afnor vendus dans le commerce. Ces masques étant moins filtrants, ils sont déconseillés dans un contexte où les pouvoirs publics tentent de stopper la progression des variants plus contagieux.  Olivier Véran a confirmé ce matin, sur France inter, cette demande : « Le masque artisanal fabriqué chez soi n'offre pas nécessairement toutes les garanties nécessaires. » 
Ce matin également, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé que l’information allait être « relayée » dans les écoles, que ce soit pour les enseignants, le personnel ou les élèves. Il n’a pas exclu que « l’on arrive à quelque chose d’obligatoire dans quelques jours », c’est-à-dire l’interdiction pure et simple des masques artisanaux dans les établissements scolaires ». 

Variants : vers une fermeture des écoles dès le premier cas

Jean-Michel Blanquer a également abordé la question des nouveaux protocoles dans les cantines (lire Maire info d’hier), en particulier le « non-brassage » des élèves lors des repas. « La solution de facilité serait la fermeture des cantines », a déclaré le ministre, « ce que nous voulons au maximum éviter, vu l’importance sociale » de celles-ci. Il y aura certainement, néanmoins, « certaines cantines que nous fermerons en cas d’impossibilité technique de respecter le protocole ». 
Jean-Michel Blanquer a également évoqué la question de l’apparition des variants du virus, qui pourraient conduire le gouvernement à « changer les règles » en matière de fermeture des écoles. Jusqu’à présent, la règle est de ne fermer les établissements qu’en cas de présence de trois cas positifs. Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a estimé hier qu’en cas de présence avérée d’un des variants, il fallait fermer les établissements dès le premier cas. « On va évidemment suivre cette règle », a déclaré ce matin Jean-Michel Blanquer, sans préciser pour l’instant le moment où cette décision sera officiellement prise. 

Franck Lemarc


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Réf. : BW40541
19 Jan 2021

Auteur : Franck Lemarc