Par principe, seuls les comptables de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) sont habilités à manier les deniers publics et à assurer le paiement des dépenses et le recouvrement des recettes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, conformément au décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
Les régies constituent toutefois une exception à ce principe.
Créées par délibération de l’assemblée délibérante ou, lorsque cela est prévu, par décision de l’ordonnateur bénéficiant d’une délégation, après avis conforme du comptable, elles permettent de confier à des agents de la collectivité, appelés régisseurs, l’encaissement de certaines recettes ou le paiement de certaines dépenses. Ce dispositif répond notamment à un objectif de proximité avec les usagers et de simplification de la gestion quotidienne. Il peut, par exemple, permettre l’encaissement de droits d’entrée à la piscine municipale ou le paiement de certaines dépenses urgentes.
Trois principaux types de régies peuvent être mis en place :
Les régies sont toutefois soumises à un cadre juridique et comptable strict, destiné notamment à garantir la sécurité des fonds publics, la traçabilité des opérations et la régularité des encaissements et des paiements.
La création et le fonctionnement des régies sont notamment encadrés par les articles R. 1617-1 à R. 1617-18 du Code général des collectivités territoriales (CGCT). Les règles relatives à l’organisation, au fonctionnement et au contrôle des régies sont par ailleurs précisées dans l’instruction codificatrice n°06-031-A-B-M du 21 avril 2026 sur les régies de recettes, d’avances et de recettes et d’avances des collectivités territoriales et de leurs établissements.
Le respect de ces règles constitue un enjeu important de sécurisation des opérations et de maîtrise des risques. Il concerne à la fois l’ordonnateur, le régisseur et le comptable public, chacun intervenant dans le cadre de ses responsabilités respectives.
En raison de leurs fonctions, et notamment lorsqu’ils sont amenés à manipuler des fonds publics, les régisseurs sont soumis à des obligations particulières. Ils doivent notamment assurer la tenue des documents et des opérations liés à leur régie et veiller à la conservation et à la justification des fonds qui leur sont confiés.
La formation des régisseurs constitue ainsi un enjeu essentiel. La maîtrise des règles de la comptabilité publique, des procédures applicables, des outils utilisés et des dispositifs de contrôle contribue à sécuriser les opérations et à prévenir les risques d’erreur ou d’irrégularité.
L’ordonnateur joue également un rôle essentiel dans ce dispositif, notamment en matière d’organisation, de supervision et de contrôle interne de la régie.
Afin d’accompagner les ordonnateurs et les régisseurs dans l’exercice de leurs missions, la DGFIP met à leur disposition de nombreuses ressources pratiques :
Le CNFPT et la DGFiP proposent également un MOOC gratuit (formation en ligne) destiné à accompagner les régisseurs dans la prise en main de leurs missions, en leur apportant les connaissances essentielles à la tenue d’une régie. Une session d’inscriptions est notamment ouverte jusqu’au 9 novembre prochain, accessible via ce lien : Gestion locale : les clefs de la fonction de régisseur d'avances et de recettes - Cours - FUN MOOC
Les collectivités peuvent également s’appuyer sur leur conseiller aux décideurs locaux (CDL) pour les accompagner dans leurs projets.
Il peut ainsi notamment être sollicité pour :
Cet accompagnement peut également permettre d'engager une réflexion plus globale sur la modernisation, la sécurisation voire la rationalisation de la gestion des fonds, en fonction des besoins de la collectivité et des caractéristiques de la régie.
Ces ressources, qui contribuent à accompagner les collectivités dans la sécurisation et la modernisation des régies, constituent des outils particulièrement utiles. Pour autant, à la suite de nombreuses remontées de terrain, l’AMF a saisi la DGFiP sur les difficultés liées à deux évolutions récemment engagées en matière de gestion et de recouvrement des recettes publiques locales : la suppression annoncée du chèque comme moyen de paiement et les nouvelles modalités de dépôt et de retrait d’espèces applicables aux régies.
Pour l’AMF, de telles évolutions ne peuvent être imposées sans garantir en amont l’accessibilité du service public pour l’ensemble des usagers, la sécurité des opérations et des agents, ainsi que la prise en compte des réalités et de l’organisation propres à chaque collectivité. Si l’AMF partage les objectifs de modernisation et d’efficience poursuivis par la DGFiP, elle s’oppose en particulier à la suppression du chèque, décidée sans concertation.
Le courrier de saisine de l’AMF est disponible sur ce lien : Paiement par chèque, dépôts d’espèces : l’AMF alerte la Direction générale des finances publiques sur les évolutions engagées
Régies d'avances et de recettes | Collectivités Locales
Les dépôts et retraits d'espèces | Collectivités Locales
Les solutions de paiement de la DGFiP pour le recouvrement des recettes publiques locales
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